Cedric Augustin

Évaluation en distanciel

dans la catégorie Terminale STI2D

Pour le projet final, bien qu'il était déjà difficile d'envisager de mener au bout la réalisation d'un prototype, j'avais espéré que chaque élève puisse réaliser un ensemble de tâches cohérentes illustrant la démarche de réalisation de projet.

Hélas, le passage d'une partie des séances de TP en distanciel a rendu l'avancement des projets des élèves très incertain. Dès l'annonce du ministre j'ai donc proposé aux élèves les adaptations de leur projet et ai fais des propositions de tâches à réaliser chez eux. Cependant seules quelques parties des projets des élèves peuvent être réalisées à distance : programmation avec Tinkercad, mise au propre des études préliminaires, recherche sur les impacts environnementaux, calculs sur les consommations énergétiques...

Pour le reste des expérimentations, il est nécessaire d'être en présentiel, mais avec les jours fériés il ne reste plus beaucoup de séances en présentiel avant les conseils de classe. J'ai donc pris la décision de réaliser la revue de projet lors d'une séance en distanciel.

Bilan
  • Faire le point sur tout ce qui est attendu avant le retour en présentiel permet de remobiliser les élèves pour le projet et le retour en présentiel.
  • Tous les éléments demandés sont des attendus dans le dossier final. Cette séance permet de donner un plan de présentation du dossier aux élèves et de redonner du sens à certains diagrammes SYSML qui ont été réalisés par certains sans bien avoir compris leur finalité.
  • La totalité des éléments évalués sont supposés avoir été déjà réalisés lors des séances en présentiel. Cette revue de projet a mis en avant tous les manques et permet de demander aux élèves de les combler, en vue bien sûr de l'évaluation du dossier et de la préparation de la présentation orale.
  • Le travail en petit groupe en visio est nettement plus percutant et impliquant puisque les élèves gardent leur micro ouvert.
Difficultés
  • Certains élèves ont laissé dans leur session sur les ordinateurs pédagogiques une partie des éléments à évaluer et n'ont donc pas pu les présenter alors qu'ils les ont réalisé.
  • Il n'est pas intéressant de noter cette revue de projet en l'état. Les notes sont catastrophiques en raison des éléments manquants que je demande aux élèves de compléter. Il va donc falloir confirmer la note après avoir laisser aux élèves la possibilité de réaliser les éléments manquants. Cela est pédagogiquement plus intéressant, mais va consommer du temps lors du retour en présentiel (certes beaucoup moins que si tout avait été fait en présentiel).
  • Un certain nombre d'élèves ne se sont pas connectés lors des séances en distanciel, il n'a donc pas été possible d'effectuer la revue de projet.

ETLV et Grand Oral: mutualiser le travail de recherche

dans la catégorie Général

Les points communs

Le format de l'oral d'ETLV a beaucoup de point commun avec le format du Grand Oral:

  • 5 min d'oral sur un sujet que l'élève a préparé.
  • Des questions du jury sur le projet et au delà sur les éléments travaillés durant l'année.
  • Un sujet qui peut s'appuyer sur le projet de fin d'année, mais qui ne doit pas être un compte-rendu de projet.
L'ETLV

Le fait que l'ETLV n'est plus une épreuve du BAC et est devenu cette année à cause de la crise sanitaire un contrôle continu, nous autorise à prendre quelques libertés de format dans l'oral que l'on va faire passer aux élèves. J'ai proposé à ma collègue d'anglais le format suivant:

  • Les élèves présentent à l'oral une problématique en lien avec leur projet de fin d'année, mais imposée par l'enseignant, durant 5 min.
  • Les élèves n'ont pas de notes, mais ont un support de présentation de 3 à 7 diapositives.
  • Nous leur posons quelques questions sur leur présentation pour évaluer la compréhension du sujet et l'expression orale.
  • Ils sont évalués à l'oral strictement sur le barème du BAC pour une note coefficient 2.
  • Ils sont évalués sur leur travail d'investigation sur la problématique, les réponses technologiques apportées et la qualité de la présentation, pour une note coefficient 1

Les élèves préparent donc une présentation orale de 5 min en anglais sur une problématique en lien avec leur projet mais plus large.

Grand Oral

Les chambardements d'emplois du temps induits par la crise sanitaire ont perturbé la construction du questionnement du grand oral avec les élèves. Il n'a donc pas été possible de leur laisser le temps de construire la question. J'ai proposé des problématiques aux élèves pour leur grand oral. Pour ceux avec moi en ETLV, j'ai repris la même problématique. Pour le reste de la classe j'ai utilisé la même démarche et leur ai fait des propositions qui élargissent le sujet de leur projet.

Du coup, ma collègue d'ETLV a repris l'idée et a proposé à son autre groupe d'élève d'ETLV d'utiliser les problématiques que j'ai proposées pour le grand oral.

Remarques
  • Les élèves apprécient bien sûr de pouvoir recycler leur travail de recherche pour leur oral d'ETLV pour préparer le Grand Oral.
  • L'inverse est moins vrai pour les élèves de SIN que je n'ai pas en ETLV, qui ont du mal à se projeter dans l'exercice en anglais. Le fait que ceci ai été amené progressivement durant les séquences précédentes en ETLV facilite l'acceptation. Il est aussi plus simple de partir d'un travail simplifié en anglais et de l'enrichir en français, plutôt que l'inverse.
  • Il est clair qu'il faut amener la question du grand oral plus tôt dans l'année, tout comme le projet de fin d'année, bien avant l'écrit de spécialité. Je dirais fin janvier, pour pouvoir intégrer les études périphériques dans les séquences, bien avant de commencer pratiquement le projet.

Distanciel: contacter les élèves

dans la catégorie Général

Les terminales STI2D ont été épargnées une bonne partie de l'année avec le passage en distanciel, la proviseure ayant jugé que ces élèves étaient peu nombreux l'essentiel du temps et fragiles. Je n'ai donc pas eu à m'interroger sur l'organisation du distanciel avant le mois d'avril avec eux.

Disparus des radars

Dès que les élèves ne sont plus en présentiel, on peut considérer qu'environ 1/3 de la classe ne se considère plus en cours : plus de lecture de pronote, aucun travail personnel fait, aucune connexion à la messagerie Atrium. Ils font consciencieusement les morts lorsqu'on leur envoie un email sur leur compte personnel. Pour les secondes qui ont vécu une partie de l'année en hybridation, impossible d'obtenir quoique ce soit pour une option. J'ai donc jeté l'éponge, après n'avoir eu qu'une seule élève sur 32. J'ai réalisé une capsule vidéo et proposé une autoformation pour ceux qui le veulent et c'est tout.

Outils pour le travail en distanciel

J'ai voulu me cantonner aux outils fournis, en l'occurrence "Ma classe à la maison" et Atrium.

  • Le premier a fonctionné la semaine en hybridation, avec une une partie des élèves en présentiel et l'autre à la maison. Quand je dis fonctionné, cela reste limité lorsque les élèves utilisent un smartphone pour se connecter. J'ai aussi dû utiliser mon matériel pour disposer d'un micro et d'une caméra. En revanche, la semaine où toute la France était en distanciel, le système s'est effondré. J'avais heureusement une solution alternative.
  • Le second, Atrium n'est pas consulté par les élèves lorsqu'ils sont chez eux, comme si le site web était différent entre les ordinateurs de la classe et ceux de la maison.

Une partie des collègues ont utilisé "Discord" comme plateforme collaborative, ce qui leur permet de fonctionner avec la portion de classe motivée. Cette solution n'étant pas RGPD compatible, je me suis tourné vers "Zoom" qui permet de proposer un accès anonyme aux élèves et donc, dans ce format, est conforme RGPD.

Fonctionnement

Les élèves étant en mode projet, j'ai adopté le format de séance suivant :

  • Présentation des ressources préparées pour le travail en autonomie (10min).
  • Point avec chacune des équipes sur l'avancement (15 à 20min).
  • Travail en autonomie des élèves, en restant disponible pour les questions.
Remarques
  • Il n'y a aucun moyen simple de communiquer de manière fiable avec les élèves: la messagerie Atrium n'est pas lue, les adresses email dans pronote sont fausses.
  • "Ma classe à la maison" n'est pas une solution de travail collaboratif agile: il faut que tous les comptes des élèves soient créés avant la séance. Il n'est pas possible aux élèves de partager leur écran. Il n'y a pas de possibilité de créer des sous-groupes.
  • Zoom nécessite la version payante pour aller au delà de 40min ou pour créer des sous-groupes.
Améliorations possibles
  • Il faut mettre en place les outils de travail collaboratif dès le début de l'année en les utilisant durant les TPs en présentiel pour le partage d'information : rédaction de compte-rendu à plusieurs mains, rendre le travail en ligne, dématérialisation des ressources...
  • Durant l'année les élèves sont demandeurs d'un système de tchat pour s'échanger de l'information au cours des TPs, les meilleurs pouvant aider les plus faibles. La plateforme doit le proposer.
  • Il faut envisager un réseau social de la classe, comme Whatsapp ou Discord, pour pouvoir transmettre en temps réel de l'information, notamment des alertes ou des liens vers des ressources. Des solutions libres et RGPD compatibles existent mais sont inconnues des élèves.

Lire ces fichues consignes V2

dans la catégorie Terminale STI2D

Cette fois-ci je suis aller encore plus loin pour que les élèves lisent les consignes. J'ai rédigé un document expliquant comment nous allions fonctionner en distanciel. Je leur ai demandé de le lire la veille pour le lendemain en leur annonçant qu'ils auraient un QCM sur le document.

En ayant le document disponible pour répondre, certains ont quand même réussi à avoir 5/7, ce qui montre bien que le document n'est pas lu correctement. La dernière question leur demandait ce qu'ils pensaient de ce poisson d'avril (je leur ai fait le 2 avril), pour justifier que ce QCM ne serait pas compté dans la moyenne.

Même ainsi, même en ayant eut 7/7 au QCM, certains n'ont pas intégré le fonctionnement que j'avais mis en place pour le distanciel. Dans ces conditions, il faut se faire une raison, certains élèves sont étanches aux consignes. La seule solution pour eux, c'est l'habitude. Toujours faire de la même façon toute l'année pour avoir une chance que ça marche... et encore, certains au mois d'avril me demandent encore où sont les documents ressource dans l'ENT...


Organisation des élèves

dans la catégorie Général

En début d'année, obnubilé par le contenu, je n'ai pas trop prêté attention à l'organisation des élèves entre eux:

  • Ils se sont disposés dans la classe par affinité
  • Les meilleurs éléments souvent devant

Hormis un élève avec des problèmes de vue que j'ai fait passé devant, je ne suis donc pas intervenu dans la disposition des élèves dans la classe, ni dans la formation des binômes lors des TPs. Je note que ce n'est pas une bonne idée à reproduire :

  • Certes les élèves qui se sont accrochés aux meilleurs éléments ont bénéficié d'une bonne dynamique, même lorsqu'ils sont médiocres, mais les élèves moyens toute l'année avec le même binôme n'ont jamais bénéficié de cette dynamique.
  • Les dynamiques de clan entre élèves se sont renforcées durant l'année, et lorsqu'il a fallu composer des groupes pour la phase projet, certaines combinaisons sont devenues totalement impossibles, pour des raisons très secondaires (les "blancs" et les "arabes" ne se mélangeant pas, si l'un voulait rejoindre un autre groupe, le regard des autres l'en empêchait).
  • Une fois les places "affectées" ceux qui veulent en changer sont perçus comme des intrus, même lorsqu'ils cherchent à travailler avec d'autres (tjs le regard des autres).
  • Impossible de séparer les élèves qui ont une dynamique de perturbation (l'un entraînant l'autre dans les bêtises, ou l'empêchant de travailler par le bavardage). Certains éléments limites au niveau comportement sont facilement reprenables en main lorsqu'ils sont isolés des autres perturbateurs, encore eut-il fallu ne pas laisser se figer les dispositions et les constitutions de groupes dans la classe.
Ce que je ferai à l'avenir
  • Imposer des binômes ou groupes sur certaines activités pour décloisonner les logiques de clan, permettre à certains de faire connaissance sans craindre le regard réprobateur des autres membres de son clan.
  • Faire tourner les élèves à différents postes durant l'année, soit via les binômes imposés, soit avec des activités tournantes (je n'ai pas exploré cette possibilité encore).
  • M'assurer que lors des taches de groupe, il y ait toujours au moins 40% d'évaluation individuelle, pour éviter la passivité des médiocres qui laissent faire le bon élève avec qui ils sont. C'est aussi un moyen d'encourager les plus faibles à interroger et essayer de comprendre plutôt que de laisser faire celui qui sait.

Mini projet : séance en quasi impro

dans la catégorie Terminale STI2D

Comme dit précédemment, j'avais prévu de travailler sur la démarche projet, et comme le BAC blanc arrive, j'ai tenté d'introduire des révisions et éléments qui seront dans le sujet. Du coup j'ai cassé ma séquence et créé une séance le matin à 10h30 pour 13h.

Sur le papier la séance semble tenir la route, mais je n'ai pas réussi à mobiliser les élèves. Cinq n'ont carrément rien fait et passé toute la séance à glandouiller dans leur coin, sans même faire un effort pour faire semblant ou réaliser les activités demandées.

Le problème
  • Cette séance manque de sens, vers quoi l'on va. Les élèves ne le voit pas car les consignes sont trop vagues et je dois les expliquer, ce qui est un puissant facteur de démobilisation, surtout lorsque les élèves sont habitués à plus de cohérence.
  • Comme je n'ai pas eu le temps de réaliser les exercices avant, je les découvre avec les élèves et donc la correction est laborieuse.
  • Bien sûr les élèves sentent que je ne suis pas à l'aise. Les meilleurs ont compris que c'est pour les préparer au BAC blanc lorsque je sors des questions de révision en plein TP, mais les autres les zappent pour réaliser le TP. Comme les questions sont évaluées, le résultat accentue les disparités entre élèves travailleurs et les autres.
L'amélioration

La séance suivante qui a été préparée un peu plus à l'avance a permis de réintroduire de la cohérence. Mais même en le disant aux élèves que certains points seraient abordés dans le BAC blanc, les séances avec une grosse part de TD sont plus difficiles à faire passer auprès des élèves décrocheurs.


Mini projet

dans la catégorie Terminale STI2D

Cette séquence je l'avais en tête depuis le début de l'année. Faire un mini projet guidé pour introduire les attentes du projet de fin d'année. J’espérais le faire en novembre ou décembre mais il y a eu trop de choses à reprendre. En fait, le fait que les élèves n'aient jamais mené au bout le projet de première, n'aide pas.

Du coup le mini projet est arrivé en fin février, juste avant le BAC blanc, et donc j'ai été obligé de modifier une partie des séances pour introduire des éléments de révision pour le BAC blanc. Ceci a eu pour conséquences que les conclusions sur la gestion de projet n'ont pas pu être atteintes et l'évaluation est bancale car construite sur des morceaux qui ne constituent pas un tout cohérent. J'avais imaginé adopter la démarche des sujets du BAC (ou du CAPET) avec l’analyse, les hypothèses et la validation de ces hypothèses, mais je suis retombé sur un format qui s'apparente plus à une suite de TD.

Cependant, j'ai réussi à introduire pas mal de points de révision pour le BAC blanc, tout en restant dans une problématique et son exploration logique.

Ce que je ferai
  • Placer le mini projet beaucoup plus tôt dans la progression, afin qu'il ne soit pas parasité par l'épreuve du BAC qui arrive très tôt à la mi mars. En effet il me semble indispensable de procéder à des séances de révision et de préparation pour l'épreuve écrite. Il ne faut donc pas prévoir des TPs à ce moment là, mais des TDs.
  • Je reprendrai le principe d'un projet unique et très encadré, pour pouvoir se focaliser sur la démarche projet et non le contenu du projet. Idéalement, faire une compilation de ce qui a été fait avant comme je l'ai tenté, permet de remobiliser des connaissances acquises quelques mois avant sans perdre de temps dessus.
  • Il faudrait absolument introduire l'organisation en équipe en imposant les groupes avec partage de taches pour illustrer concrètement cet aspect de la démarche projet. Je l'avais prévu, mais les révisions pour le BAC blanc m'ont cassé cette partie là de la séquence.
  • Idéalement, il aurait fallu que les élèves proposent une présentation de leurs conclusions, mais cela ne me semble pas possible en 3 semaines, ou alors éventuellement en combinant avec les heures d'ETLV.

Remobilisation des compétences pourtant acquises

dans la catégorie Terminale STI2D

On a l'impression que les élèves fonctionnent dans un monde à 2 dimensions et sont incapables d’emboîter les puzzles lorsqu'ils sont en 3d. Comme si chaque activité ou enseignement n'était qu'une face d'un objet 3d, mais que les élèves ne voyaient jamais l'objet 3d que l'enseignement essaie de leur faire appréhender.

Lors du BAC blanc, dans le sujet de SIN, une question portait sur un point vu avec les collègues de tronc commun et que je n'avais donc pas repris en spécialité. Tous les élèves sont sortis de l'épreuve en râlant en me disant qu'ils n'avaient jamais vu ça avec moi et qu'ils ne voyaient pas comment répondre.

Lors de la correction, je leur ai présenté le cours fait par mes collègues et les exercices qu'ils avaient fait avec eux en TD, qui répondaient exactement à la question du BAC blanc. Ils ont été forcés de reconnaître qu'ils l'avaient vu, mais pour autant, aucun n'y a répondu durant l'épreuve.

Les thématiques transversales et la synchronisation des enseignements devraient pouvoir permettre de les faire sortir de leur vision étroite et donner du relief aux enseignements.


Lire ces fichues consignes

dans la catégorie ETLV

Je ne sais plus trop comment faire pour que les consignes passent. En ETLV j'ai mis en place une séquence où tout est écrit:

  • Les consignes ont été présentées en classe et fournies sur l'ENT dans un PDF.
  • Un calendrier de passage à l'oral à été présenté en classe et mis sur l'ENT.
  • Les premiers élèves à passer étaient les meilleurs pour donner l'exemple de ce qui est attendu, avec analyse et commentaire de chacune des prestations.

Et pourtant les élèves arrivent en classe les mains dans les poches, en n'ayant pas préparé leur passage à l'oral. Ils incriminent l'enseignant lorsqu'ils écope d'un 0 pour travail non présenté à l'oral. Je ne vois pas comment faire plus ?

Ma collègue m'a dit de les faire passer 2 fois et de ne garder que la meilleure note. Comme ça ils ont un zéro sur leur bulletin tant qu'ils ne sont pas passé à l'oral. C'est un peu triste comme solution, mais je l'ai appliqué. Cela a de l'effet pour les bons éléments qui refusent une mauvaise note, mais est utilisé par les tire-au-flan pour ne pas passer la seconde fois et sécher le cours.


Restructuration du format de la séance

dans la catégorie Terminale STI2D

Dans les précédents billets j'ai évoqué les effets secondaires de mon approche avec mes élèves, qui petit à petit fournissent de moins en moins d'effort. Il fallait donc changer la dynamique. Voici ce que j'ai tenté aujourd'hui qui a remarquablement bien fonctionné :

  • Je n'ai pas donné le support de présentation avant la séance mais à la fin.
  • J'ai annoncé immédiatement qu'il y aurait un devoir sur table sur le sujet à la fin de la séance suivante.
  • Les 2 premières heures se sont faites sur papier et surtout au tableau et non sur ordinateur.
  • Immédiatement après la première partie du cours (1/2h) 3 élèves en même temps ont réalisé les exercices au tableau en parallèle pendant que les autres les faisaient sur papier.
  • J'ai corrigé les exercices réalisés au tableau avec un marqueur rouge.
  • J'ai utilisé des analogies de la vie quotidienne pour faire faire des exercices d'algorithmie afin de faire le lien avec les codes d'éventuels projets : "prendre une douche tant qu'il y a de l'eau chaude et au maximum 10 min", "Thermostat", "Minuteur de micro-onde"...

Les élèves ont quasiment tous participé, et quasiment tous atteint un objectif minimum. L'ambiance était plutôt bonne. Certains élèves en partant se sont félicités d'avoir réussi.

Je ne suis pas certain de pouvoir reproduire systématiquement ce format, tous les sujets ne s'y prêtant pas. J'ai noté quelques difficultés :

  • Les élèves ne savent pas prendre de notes et lorsque je leur demande de "prendre le cours" je découvre des documents probablement inutilisables pour réviser.
  • Le support de formation ne comporte plus les éléments de cours, mais juste des rappels puisque le cours est fait au tableau.
  • Le fait de ne pas fournir le support du cours gène les plus rapides qui doivent avancer à la vitesse du groupe pour la partie exercice. Cela pose aussi un problème à l'élève allophone.

Timing d'une séance et effort des élèves

dans la catégorie Général

Une de mes principales difficultés en temps qu'enseignant débutant, c'est de calibrer les séances et séquences pour respecter le timing. J'ai adopté l'approche suivante :

  • Un cœur de séance obligatoire pour tous
  • Des éléments facultatifs pour les les élèves les plus à l'aise et pour me permettre d'ajuster la durée de la séance.

Cette approche, une fois intégrée par les élèves conduit à une perte de motivation des élèves qui se contentent de ne faire que le cœur de la séance et laissent filer le temps. J'ai dernièrement essayé d'imposer un chrono à la séance en proposant des corrections au bout d'un certain temps. Cette fois-ci, ce sont les élèves les moins à l'aise qui attendent tranquillement que la correction arrive et ne fournissent plus aucun effort.

Le mot clé c'est "effort ; comme avec Gaston Lagaffe qui est allergique au mot effort, les élèves par nature cherchent à minimiser toutes les formes d'effort. Leur dire qu'ils travaillent pour eux ne sert à rien, seul un ou deux reçoivent ce genre de message.

Donc, proposer des exercices optionnels qui ne rapportent que de la connaissance ou des compétences n'intéresse qu'une infime partie des élèves. Soit ces exercices font partie de la structure de la séance et me permettent, à moi, d'ajuster le timing de ma séance, soit dans une séance notée, ils apportent des bonus de point aux élèves qui les font.

La correction au fur et à mesure de la séance, conduisant les moins actifs à ne plus rien faire, il faut que cette correction soit un élément de cours, quelque chose qui aille plus loin que juste donner la réponse à l'exercice. Les élèves qui ne veulent pas faire d'efforts auront à minima un cours qu'ils reprendront ou pas. L'autre possibilité est que la correction marque la fin de l'exercice dans une séance noté et que ceux qui n'ont rien fait se retrouvent pénalisés dans l'évaluation, mais c'est compliqué à mettre en œuvre, sauf à utiliser un système de QCM en temps réel (à étudier).

Mais une certitude, la stratégie de ne pas noter toutes les séances est contradictoire avec le mot effort.


Problème de format des séances

dans la catégorie Terminale STI2D

J'ai voulu tenir compte de plusieurs choses dans le format de mes séances :

  • J'affiche au tableau (vidéoprojecteur) ce dont je suis en train de parler,
  • Ce qui est affiché au tableau est disponible simultanément au téléchargement dans Atrium pour permettre aux élèves de tout retrouver,
  • Il n'y a que un ou deux documents par séance, avec tous les contenus regroupés,
  • Les élèves disposants du document affiché, n'ont pas à prendre de notes, c'est notamment important pour les élèves avec PAP, PAI, allophones, absents...
  • Il n'y a pas de document à rendre à l'issue de la séance. Les élèves font les exercices, je les aide, et éventuellement je les évalue sur leur capacité à atteindre les objectifs.
  • Je propose des séries d'exercices, avec certains obligatoires que tout le monde doit avoir réussi et optionnel pour tenir compte des différences entre élèves.

Après un trimestre je peux tirer les conséquences de cette approche :

  • Les élèves apprécient de ne pas prendre de notes, et dans l'ensemble m'écoutent, sauf les élèves médiocres et ou facilement dissipés qui ne font plus aucun effort pour m'écouter. Il y a donc un creusement entre les élèves qui ont compris comment je fonctionne et les autres.
  • J'ai demandé que les élèves fassent leur fiches à partir de ce que je leur donne et dit. Il n'y a qu'une toute petite minorité qui a essayé. C'est un échec et il va falloir que je trouve une solution.
  • Les élèves lisent de moins en moins le document fourni. L'habitude ne conduit pas comme je l'espérais à ce qu'ils s'en emparent, mais les conduit dans un confort paresseux.
  • Pour les élèves travailleurs mais avec des difficultés, le document est lu en même temps que j'en parle, ce qui semble être une réussite pour eux.
  • Il m'a été reproché que le document unique ne permettait pas de différencier la partie cours, TD et TP. Il faudrait que je propose des documents différents. Pour l'instant je ne vois pas trop comment cela aiderait les élèves qui sont plutôt bordéliques.
  • L'absence d'évaluation systématique conduit les mauvais éléments à se désintéresser complètement de la séance au bout d'une heure. Les meilleurs ont compris le principe des exercices facultatifs et ralentissent une fois le minimum fourni.

Il y a donc beaucoup à revoir. Je vais garder ce format de séance pour certaines séances en l'adaptant un peu, mais je vais devoir introduire d'autres formats pour remobiliser les élèves et surtout m'assurer de la partie apprentissage.


Apprendre versus comprendre

dans la catégorie Général

En discutant avec un collègue beaucoup plus expérimenté que moi, je viens d'avoir une révélation. Il m'a dit que je ne devais pas essayer de faire comprendre les élèves mais leur apprendre. Son argument c'est qu'avant BAC+4, les élèves n'ont pas le bagage pour se former en comprenant.

Je pense que c'est l'essentiel de mon problème d'approche pédagogique depuis le début de l'année. Parce que c'est comme ça que je fonctionne, à savoir toujours essayer de comprendre, j'ai voulu donner à mes élèves les clés de la compréhension. Mais cela ne fonctionne qu'avec une toute petite minorité de la classe et je suis en train de perdre les autres. Il manque dans mon approche la partie apprentissage bête et méchante, la trace qu'il faut relire pour réviser et recracher.

Du coup cela explique aussi ma difficulté à les mettre au travail, car n'ayant pas cette approche, ils ne comprennent pas où je veux les emmener.

Certes comprendre est l'objectif, mais à leur niveau, ce ne peut être le moyen. Il faut que je revois en profondeur mon approche, du moins pour toucher un plus grand nombre.


COVID, c'est bon j'y suis passé

dans la catégorie Général

Bon ben voilà, ma fille a ramené le virus à la maison et mon épouse et moi sommes positifs. Les 2 jours avant les congés de fin d'année et une bonne partie des fêtes sont donc passés confinés à la maison. J'ai de la chance, c'est la forme bénigne, donc à part une perte d'odorat et 3 jours à frissonner, pas de complication.

Au retour en classe, je n'aurai donc plus de crainte d'attraper ou transmettre le COVID. Il faudra quand même continuer à porter le masque, même si d'un point de vue purement sanitaire, ce n'est plus aussi nécessaire.

Du coup ma séquence est un peu désorganisée. Elle devait se finir sur les 2 derniers jours, je vais donc la reformater pour la rentrée.


Même quand c'est pour leur donner des points en rab, c'est difficile de les mettre au travail

dans la catégorie Terminale STI2D

C'est assez désespérant que lorsque je donne un devoir maison pour rattraper une note mauvaise obtenu en classe, les élèves ne s'en emparent pas pour remonter leur notes (seulement 3 l'on fait). Même ceux absents, pour qui le DM était obligatoire, se sont fait prier pour rendre un travail quelconque.

Pire que ça, lorsque je leur donne un DM obligatoire, seulement 5 le rendent. Les autres se bougent une fois que j'ai mis un 0 dans pronote. Et même avec un 0, certains n'ont aucun problème pour ne pas rendre le travail.

Les mettre au travail n'est pas gagné...


Méconaissance du logiciel libre

dans la catégorie 2nd CIT-SI

Très intéressante séance avec les secondes. Théoriquement, cette séance devait aboutir à une présentation orale par petit groupe du résultat de leurs investigations depuis 2 séances. Lorsque j'ai demandé qui passait au tableau pour présenter leur travail, un seul des groupes avait fait le job. Les autres ont commencé à m'avancer des bobards sur l'impossibilité de travailler à distance, l'absence de licence pour les logiciels à la maison...

J'ai donc découvert que personne n'a présenté aux élèves les quelques outils collaboratifs nécessaires, alors même qu'ils ont été confinés l'année dernière en 3ème et le sont une semaine sur 2 en ce moment.

J'ai donc complètement improvisé une séance pour leur présenter quelques outils collaboratifs. Je suis parti de framasoft et notamment framapad, ce qui a permis au passage de leur présenter la bibliothèque de logiciels libres qu'ils peuvent utiliser gratuitement chez eux. Ensuite nous avons regardé rapidement le produit Prezi, parfaitement adapté à la demande.

Du coup, pour ne pas avoir de décalage avec l'autre groupe, j'ai bien sûr fait la même chose la semaine suivante.


Conseil de classe : l'apparence des notes versus le contenu des appréciations

dans la catégorie Terminale STI2D

Pour mes 2 premiers conseils de classe, j'ai pu constater la prégnance des notes dans la perception que les collègues ont des élèves. L'indulgence est bien plus grande lorsque les notes sont bonnes. Du coup la problématique de l'harmonisation des notes est d'autant plus importante. Les disparités de notation entre enseignants de la même matière se retrouvent d'autant plus que pour le premier conseil, les notes n'étaient pas fusionnées alors qu'elles l'étaient pour le second.

Il y a clairement un travail d'équipe à développer sur cette problématique des notes et des appréciations. Certains collègues sont très durs avec les élèves, sans tenir compte du fait que ce qui sort sur le bulletin aura un impact dans parcoursup. Pour l'instant je ne suis qu'observateur, mais je me doute que ça va être un sujet touchy dans ma prochaine affectation.

Pour ce qui est de l'orientation, je suis assez surpris que le conseil se prononce déjà sur les débuts de commencement de pistes des élèves alors que le sujet pour la plupart n'a presque pas été abordé.


Co-enseignement : se mettre sur la même longueur d'onde

dans la catégorie ETLV

J'ai un problème avec ma collègue qui est totalement débordée et au bout de sa vie lorsqu'elle arrive le vendredi soir à 17h avec moi. Son approche est extrêmement scolaire avec des élèves de terminales qui n'ont pas du tout envie d'être là à cette heure ci, autant dire qu'ils ne sont pas très enclins à l'écouter et la respecter. J'ai tenté de proposer de changer de manière de faire en laissant tomber les textes à trous et autres copies de pages de livre. Elle me suit, ce qui est déjà pas mal, mais ne comprend pas ce que j'essaie de faire et subit plus qu'elle n'est actrice.

Mon projet est de faire travailler les élèves sur des compétences (synthèse, prise de parole, présentation) qu'ils pourront remobiliser en anglais bien sûr mais pas seulement. L'anglais est donc un prétexte, un support, puisque l'on va avoir du mal à leur faire faire des progrès en anglais en 1h par semaine de 17h à 18h le vendredi.

Ma collègue cherche désespérément à placer du vocabulaire, de la grammaire. Et ça tombe à chaque fois à plat. Lorsqu'elle tente de proposer du contenu, c'est à chaque fois à côté de l'objectif. De même elle n'arrive pas à trouver sa place durant la séance. Il va falloir que je trouve le moyen de lui proposer quelque chose qui soit tienne mieux compte de son approche, soit la convainque de changer un peu son angle d'approche.


Évaluation : différence entre contrôle de connaissance et d'objectif à atteindre

dans la catégorie Terminale STI2D

Pour l'évaluation de la séquence Capteur/exp32, j'ai créé une évaluation qui me permet de voir ce que les élèves ont retenu de cette séquence, mais aussi un peu de la précédente avec Arduino. C'est absolument passionnant de voir ce qu'il reste, par contre pour ce faire, j'ai délibérément fait le choix de ne pas faire une évaluation qui s'apparente à celle du BAC. De toute façon, jusqu'à avant hier je n'en avais aucun exemple vu que les sujets zéro viennent tout juste de sortir.

Les précédentes évaluations en classe se faisaient en regardant ce que les élèves font, les questions qu'ils posent et comment ils parviennent avec plus ou moins d'aide à atteindre l'objectif de l'activité donnée. Cette évaluation ci est purement de la compréhension, mesurée à l'aide d'un contrôle de connaissances (sur papier et sans aucune ressource).

Les résultats entre les 2 types d'évaluations sont concordants pour la très grande majorité des élèves, donc du point de vue de la notation, l'une ou l'autre méthode est similaire. En revanche, d'un point de vue purement pédagogique, je pense que cette évaluation ne permet pas de passer quoique ce soit aux élèves. Dans l'évaluation en cours de TP, il y a quand même, un transfert qui est fait pour aider les élèves. C'est de mon point de vue plus intéressant pédagogiquement parlant, même si certains abusent des possibilités de travail collaboratif que je leur laisse.

Bilan de cette évaluation :
  1. Certains concepts abordés implicitement n'ont pas été acquis, en dépit du rabâchage de la chose. Il faut donc être plus explicite: qu'est que la console série (pourtant abondamment utilisée), la différente entre instancier un serveur, le faire démarrer et l’exécution d'une commande par le serveur, le fonctionnement du pont diviseur de tension, pourtant abordé sur 2 séances...
  2. Ce format récompense ceux qui comprennent et sanctionne les dissipés, mais ne donne pas vraiment d'indication de l’acquisition de la connaissance et encore moins de la compétence.
  3. Très intéressant pour moi, mais d'un intérêt très limité pour les élèves, donc à ne pas reproduire sous cette forme.
  4. Nécessite une correction/remédiation qui par contre devrait être intéressante, car elle va permettre de faire un rappel sur des concepts clés (client/serveur, structuration d'un programme, lecture de l'énoncé, vision globale d'un sujet...).

Le COVID rentre dans la danse

dans la catégorie 2nd CIT-SI

Avec le reconfinement partiel au retour des congés, a été mise en place une nouvelle organisation pour réduire le brassage des élèves. Il a été décidé par l'établissement que pour les terminales technologiques qui sont découpées en d’innombrables groupes le rapport coût/bénéfice n'en valait pas la peine et aucune nouvelle mesure n'a été mis en place à part un rappel des mesures sanitaires.

En revanche, pour les secondes, a été décidé de passer les classes en distanciel/présentiel alternativement chaque semaine. La conséquence pour mes élèves, c'est que l'heure et demi hebdomadaire devient une heure hebdomadaire, alternativement à la maison ou en classe, mais surtout au delà de la baisse du volume horaire, c'est un découpage différent des groupes, qui donc a fait exploser les groupes existants en TD.

Compte tenu de l'absence de pression dans cette matière, qui est avant tout une option de découverte, les élèves l'ont bien pris, et les groupes se sont reconstitués assez facilement. Il n'y a donc pas eu de conséquence à part le ralentissement de la progression.


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